Une reprise d'entreprise passe par huit étapes : cadrer le projet, chercher une cible, signer un accord de confidentialité, analyser les chiffres, valoriser, signer une lettre d'intention, réaliser l'audit d'acquisition et le financement, puis signer et être accompagné par le cédant. L'ensemble prend souvent plus d'un an.
1. Cadrer son projet et sa capacité de financement
Secteur, région, taille, rôle que vous voulez tenir : un projet précis fait gagner des mois. Côté financement, les banques attendent un apport personnel, souvent de l'ordre de 20 à 30 % du besoin total, complété par une dette bancaire et parfois un crédit vendeur. Les prêts d'honneur des réseaux d'accompagnement renforcent l'apport.
2. Rechercher une entreprise à reprendre
Les cibles se trouvent par les annonces, les experts-comptables, les cabinets de cession, les réseaux de chefs d'entreprise et les plateformes. Les annonces classiques donnent peu d'éléments : chiffre d'affaires, effectif, région. Le vrai tri se fait sur les chiffres.
3. Signer un accord de confidentialité (NDA)
Avant de connaître le nom de l'entreprise et ses documents, l'acquéreur signe un accord de confidentialité, appelé NDA (Non-Disclosure Agreement). Il s'engage à ne pas divulguer les informations reçues ni à les utiliser à d'autres fins.
4. Analyser l'entreprise
C'est l'étape décisive. Il faut au minimum : trois exercices et leurs retraitements, le BFR mensuel, la trésorerie, les dettes et leur échéancier, la concentration des clients et des fournisseurs, l'état du matériel et l'analyse de l'équipe (âges, ancienneté, personnes clés). Plus ces éléments arrivent tôt, moins vous engagez de temps et d'argent sur un dossier qui ne vous convient pas.
5. Valoriser et préparer le plan de financement
La valorisation repose le plus souvent sur un multiple de l'EBE retraité, contrôlé par la capacité d'autofinancement. Le plan de financement vérifie que la société peut rembourser la dette d'acquisition. Voir notre guide Comment évaluer une PME à reprendre.
6. Signer une lettre d'intention
La lettre d'intention, ou LOI (Letter of Intent), formalise votre offre : prix ou fourchette, périmètre, modalités de paiement, conditions suspensives (financement, audit), calendrier et éventuelle exclusivité de négociation. Elle n'oblige pas encore à acheter, mais elle engage la suite du processus et souvent des frais de conseil.
7. Réaliser l'audit d'acquisition et boucler le financement
L'audit d'acquisition, ou due diligence, vérifie les chiffres et les risques : comptable, fiscal, social, juridique, parfois environnemental. En parallèle, vous présentez le dossier aux banques. Les points découverts à ce stade servent souvent à renégocier le prix ou les garanties.
8. Signer et assurer la transition
Le protocole de cession fixe le prix définitif, les éventuels compléments de prix et la garantie d'actif et de passif, qui protège l'acquéreur contre des dettes antérieures non révélées. Au closing, les titres et les fonds sont transférés. Un accompagnement par le cédant pendant quelques mois facilite la reprise des clients et des équipes.
Le piège à éviter
Dans un parcours classique, les vraies données n'arrivent qu'après la lettre d'intention, au moment de l'audit. C'est là que beaucoup de projets s'arrêtent, après plusieurs mois et des frais d'avocat et d'audit déjà engagés. Obtenir une analyse complète avant la lettre d'intention réduit fortement ce risque.
En résumé
- Cadrer le projet et l'apport.
- Chercher une cible.
- Signer un accord de confidentialité.
- Analyser les chiffres en détail.
- Valoriser et vérifier le financement.
- Signer la lettre d'intention.
- Auditer et financer.
- Signer et organiser la transition.
Voir ces analyses sur un vrai dossier
Le dossier exemple Dealeasy applique cette méthode à une PME industrielle de 13 personnes : performance, retraitements, BFR mensuel, dettes, équipe et valorisation.